Charles Trenet, le Coq chantant, Hommage au(x) Poète(s)

Voici venir le duo Piano-Voix composé d’Hugues Di Francesco et de Julien Lebart avec le spectacle « Charles Trenet, le Coq Chantant, Hommage au(x) Poète(s) ». Si l’on y voit une continuité avec le précédent spectacle et l’album « Sur les chemins d’Albert Bausil » qui a contribué à la résurgence de l’œuvre du poète, ce n’est pas un hasard.

En 2016 - 2017 jusqu'en 2018, le chanteur catalan s'est attaché à faire découvrir ou redécouvrir l'Oeuvre d'Albert Bausil. A partir de 2019, c'est en duo avec Julien Lebart (entre autres pianiste de Cali, intervenant aux Rencontres d'Astaffort) qu'Hugues explore Charles Trenet. Un spectacle piano-voix à travers lequel l'influence artistique d'un Mentor sur celui qui révolutionnera la chanson francophone sera mise en lumière.

Alors, pourquoi le « Coq » chantant ?

Si Charles Trenet est né à Narbonne (ça, tout le monde le sait), il est né artistiquement à Perpignan aux côtés de la bande à Bausil et plus particulièrement Albert, le poète, acteur et auteur de théâtre, directeur de journaux notamment l'incontournable de l'époque « le Coq Catalan » dans lequel il faisait régulièrement écrire « Jacques Blondeau » (alias le jeune Charles Trenet). Ce dernier, qui fit ses armes dans ce journal, connut un réel apprentissage aux côtés du Drôle d'Albert qui le poussa en 1930 à monter à Paris et chargera Max Jacob de le prendre en main. Dès lors, il rencontrera Raoul Breton, son futur éditeur, Jean Cocteau (intime des Bausil), Mistinguett, et Johnny Hess. Hormis quelques ouvrages de qualité (« Trenet méconnu » ou « La vie qui va » de Vincent Lisita, « Albert Bausil » de Pere Verdaguer ou « Albert Bausil, le coq catalan » préfacé par Jean Edouard Barbe), l'histoire officielle du « Fou Chantant » dans les reportages TV ou radiophoniques commence au moment du duo Trenet /Johnny Hess.

Le duo Hugues Di Francesco et Julien Lebart présente, au cours d’un voyage musical, l'oeuvre de Charles Trenet agrémenté d'anecdotes et d'explications de textes, de pédagogie mais aussi de rires et d’émotions. Si une très grande partie de son œuvre se rapporte à ses éblouissantes, époustouflantes, joyeuses « jeunes années » perpignanaises, ce spectacle sera un peu de tout cela. Un moment intimiste, interactif, riche, joyeux, frais et rempli d’émotions. Qu'on ne s'y trompe pourtant pas, il n'est pas question d'un simple tour de chant autour de Trenet ! De ce spectacle musical inédit (puisque personne jusqu'alors n'a proposé cet angle de vue)  le public ressortira enrichi de pans d'histoires oubliées ou inconnues et s'apercevra de l'importance de ce duo Bausil / Trenet.

Un spectacle interactif, un spectacle musical inédit puisque personne jusqu'alors n'a proposé cet angle de vue de l'immense Charles Trenet à qui l'hommage sera pleinement rendu !

Spectacle soutenu par le CML (Centre Méditerranéen de Littérature) et l'Institut Charles Trenet

Texte de Philippe Latger (Perpignan Art Déco) suite à la Première du Spectacle :

 

SALLE COMBLE POUR UN HOMMAGE AU(x) POETE(s)

Au centre de Rivesaltes ce dimanche, le Palais des Fêtes affiche à la fois une ravissante façade Art Déco, et le duo Hugues Di Francesco / Julien Lebart. Le ton est donné : le spectacle affiche complet et l'on refuse du monde à regret. L'ambiance du lieu est l'écrin idéal pour célébrer Charles Trenet. Un piano de la maison Delmas trône sur le plateau, alors que s'installent d'autres partenaires évidents, le CML (Centre Méditerranéen de Littérature), le PAD (Perpignan Art Déco), mais aussi des personnalités qui comptent : Georges El Assidi, ancien secrétaire et homme de confiance du Fou Chantant, devenu son légataire universel, a fait le déplacement, avec René Catinon, de l'Institut Charles Trenet, venus cautionner et applaudir la démarche de nos artistes catalans. A leurs côtés, institutionnels, des représentants des villes de Perpignan et St Chinian ou encore de Françoise Chalade, gardienne du temple Bausil et de la mémoire d'Albert. Albert Bausil, notre poète perpignanais, animateur d'une vie culturelle bouillonnante, fondateur du journal le Coq Catalan d'où vient le jeu de mots du titre du spectacle, ce drôle d'Albert dont on sait désormais, grâce notamment à la même équipe, à quel point il a pesé dans l'oeuvre de Charles Trenet. Ce dernier, comme ambassadeur de notre territoire l'avait dit lui-même en interview de façon à la fois juste et tendre : " Narbonne, c'est ma mère, Perpignan, mon père". Les deux villes sont en effet légitimes à égalité, lorsque né à Narbonne, c'est à Perpignan que Charles s'est ouvert à la peinture, au dessin, comme à la poésie et au théâtre, et au-delà, à une fantaisie jubilatoire façonnant le personnage public qui allait bientôt initier le pays entier au jazz et au swing et révolutionner la chanson française. Dans ce spectacle, il est question de cette période, de ses jeunes années imprégnées des influences d'un mentor, où, venant décoiffer notre vie bourgeoise locale aussi vrai que la tramontane, avec une joie insolente qui laissa de sulfureux souvenirs jusqu'à Vernet-les-Bains.

Hugues et Julien : Une sincérité audacieuse

On ne présente plus Hugues Di Francesco dans notre département. Il joue d'ailleurs lui-même de son rôle et de son image. Chanteur adulé du groupe Al Chemist, amuseur et bête de scène, artiste populaire à l'humour parfois potache, mais essentiel par les temps qui courent, celui qui fédère depuis 12 ans tout un territoire et incarne au-delà de la fête, une identité forte, un héritage, et une Culture. C'est sur cet aspect sans doute que l'on découvrait chez lui, outre sa sincérité, une grande sensibilité. Ici, il n'y a plus l'artillerie lourde des Al Chemist. Il y a l'interprète debout, habillé seulement des lumières splendides d'Alexandre Barthès, de la poésie de Trenet, et de sa musique, dans le format minimaliste du piano-voix. L'homme ainsi ne peut pas tricher. Et il ne le fait pas. A son côté, celui qu'on présente (trop ?) souvent comme pianiste de Cali, Julien Lebart signe, en plus de la mise en scène, d'habiles arrangements originaux et intentionnels pour ce spectacle tour à tour drôle, touchant, voire très émouvant. Des sketches s'insèrent délicatement entre le Jardin extraordinaire, Mes jeunes années ou L'âme des poètes. Daniel Gasull, homme de l'ombre et cheville ouvrière du projet précisera plus tard que l’équipe a abordé Charles Trenet par son histoire, c’est à dire, en explorant, entre 2016 et l’année passée, l’œuvre d’Albert Bausil. C’est ce qui permet de donner du sens : Le public prend alors la mesure de l’oeuvre pharaonique de Trenet. On connaît tous plus ou moins ces succès qui ont traversé le temps et les générations. On notera une adaptation pleine d’émotions, de délicatesse et d’élégance de «  La mer  », tube planétaire, devenu Beyond the Sea pour les crooners anglo-saxons (de Sinatra à Robbie Williams), qui ne laisse personne indifférent. L’amuseur public Hugues devient un passeur. Humble face au monstre sacré, avec qui il dialogue avec humour. Le duo révèle audacieusement une oeuvre d'une modernité qui réconcilie les générations et transmet ce  Patrimoine Trenet qu'il était temps d'assumer, ( enfin !), et dont nous pouvons être fiers à Perpignan !

                                                                                                                                     Philippe Latger

Formules de scène :

Duo (théâtralisé) : Hugues Di Francesco et Julien Lebart (entre autres pour situer : pianiste de Cali / intervenant référent aux Rencontres d'Astaffort) 

Formule « Deluxe » 5 musiciens : Julien Lebart, François "Fanfan" Miniconi (Percussionniste, palmas, cajon, Tato Garcia, Lorento Ruiz...), Pierre André De Vera (guitariste), Francis Adam (contrebasse) et bien sûr Hugues Di Francesco 

Trenet Coq chantant.png